Train de la mémoire

Train de la mémoire

Tous les deux ans, il est proposé aux terminales de Massillon de participer au Train de la Mémoire. Initié et animé par le Père Dujardin, prêtre oratorien, théologien et historien français spécialiste du judaïsme, le Train de la Mémoire regroupe près de 500 élèves au sein d’une quinzaine d’établissements. Le voyage se fait en train et dure cinq jours. Voici ce que le père Dujardin explique à propos de ce choix du train : « Nous avons choisi de vivre cette expérience par le Train, non par imitation de ce qu’ont vécu les déportés qui ont été exterminés, mais parce qu’au-delà de toute préparation historique, ce long voyage nous permet de passer progressivement de la vie quotidienne à la découverte de ce lieu. De même, au retour, parler entre nous de ce que nous avons vécu est nécessaire. Car il n’est pas simple de trouver les mots pour en rendre compte ».

Aller à Auschwitz, c’est avant tout faire acte de mémoire, c’est accepter également d’être interpellé par la négation de l’humanité de l’homme et donc contribuer à la formation des consciences.

Voici le témoignage d’Hugo Caste, élève de Terminale :

«Participer au Train de la Mémoire a été une expérience très particulière, et par là j’entends singulière, au sens où elle ne trouve nul équivalent dans mon histoire personnelle. En effet, il apparaît que ce voyage – terme auquel je préfère substituer celui de « démarche » – n’a rien d’anodin : il est un terrible pèlerinage sur la terre grise où l’Homme a perdu sa qualité la plus intrinsèque, son Humanité. Terre sur laquelle la victime fut déchue de son statut d’Homme, et son bourreau, par là-même, condamné à pareille amputation.           

Se rendre en des lieux de Mémoire si lourdement chargés de sens requérait donc une solide préparation. Ainsi, nous nous sommes tous impliqués dans les conférences, les visites et les diverses autres activités préliminaires, soudant le groupe, nous forgeant des avis, nuançant nos opinions, de telle sorte que ce fut sereins et déterminés que nous abordâmes cette démarche dans laquelle nous nous étions lancés.

Les camps d’Auschwitz constituent un microcosme hors du temps et de l’entendement. De ce fait, le trajet en train a permis de marquer une réelle transition entre préoccupations quotidiennes et atmosphère de recueillement à l’aller, et relâchement de l’esprit au retour de deux jours particulièrement éprouvants pour le moral. Sur place, les divers ateliers auxquels nous avons pu participer se sont révélés d’une grande richesse, à travers la diversité des questions soulevées et des réponses formulées. A ce propos j’ajouterais à titre personnel que le fait de se rendre à Auschwitz au sein d’un groupe m’a été précieux. En effet, la cohésion mais aussi l’hétérogénéité du groupe ont favorisé pour l’une un soutien direct aussi bien qu’indirect absolument bienvenu, et pour l’autre une réflexion foisonnante.

La Shoah pose des questions essentielles à propos de l’Homme, et si c’est chargés des ces multiples interrogations que nous sommes partis, et bien que ces quatre jours aient apporté leur lot de réponses, il me semble que le but premier de ce Train si atypique reste d’entretenir la flamme de la Mémoire, pour que jamais plus nous cessions d’être Hommes.» (novembre 2014)

Le dernier voyage a eu lieu du 13 au 17 novembre 2016.

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